La lettre diplomatique

Article – Roumanie
La Lettre Diplomatique N°74 – Deuxième trimestre 2006

Un double anniversaire : l’UNESCO fête ses 60 ans d’existence et la Roumanie le cinquantenaire de son adhésion

Par S.E.M. Andrei Magheru, Ambassadeur, Délégué permanent de la Roumanie auprès de l’UNESCO

 

C’est dans le contexte des soixante ans qui se sont écoulés depuis la signature de l’Acte constitutif de l’UNESCO que la Roumanie marque un demi-siècle depuis son adhésion à cette organisation. La Roumanie est en effet devenue membre de l’Organi-sation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) le 27 juillet 1956.

Dès le début, la Roumanie s’est engagée, avec force et énergie, dans la mise en œuvre des objectifs de l’UNESCO, définis comme suit par l’Acte constitutif, à savoir « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par ses domaines de compétence – éducation, science, culture et communication -, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de langue ou de religion, que la Charte de l’ONU reconnaît à tous les peuples ».

En bref, un vaste programme pour construire la paix dans l’esprit des hommes, dans une démarche volontaire reposant sur le respect de la différence et le dialogue, aspirant au développement durable. C’est d’ailleurs dans cette logique que s’inscrivent les activités déployées par mon pays au travers de la Commission nationale de la Roumanie pour l’UNESCO et de la Délégation permanente de la Roumanie auprès de l’UNESCO.

Tout au long de ces cinquante dernières années et surtout depuis 1990, la Roumanie a pu s’enorgueillir des succès notables qu’elle a vécu au sein de l’organisation, comme, notamment, la création en 1972 à Bucarest du Centre européen de l’UNESCO pour l’Enseignement supérieur (CEPES) – qui est une subdivision du Secrétariat de l’organisation ; l’inscription de 31 sites sur la Liste du Patrimoine mondial matériel culturel et naturel, ainsi que la proclamation, en 2005, comme chef d’œuvre du Patrimoine immatériel de la tradition de Cluj. La Roumanie a également été à plusieurs reprises membre du Conseil exécutif, membre du Conseil intergouvernemental du Programme pour la Gestion des transformations sociales (MOST) et de celui du Programme hydrologique international (PHI) ; elle a été membre du Comité du Siège entre 2003-2007 et élue en 2005, pour quatre ans, au Conseil international de coordination du Programme « l’Homme et la Biosphère » (MAB).

Par ailleurs, en 1992, sur décision du Directeur général, le chef d’orchestre et directeur du Chœur « Madrigal », M. Marin Constantin, a été désigné « Ambassadeur de bonne volonté » et, en 2005, la soprano roumaine, Mme Mariana Nicolesco, a reçu le diplôme d’Artiste pour la paix de l’UNESCO.

Je voudrais également souligner quelques temps forts parmi la multitude des actions entreprises par la Délégation permanente de la Roumanie durant ces deux dernières années, en vue de marquer ce double anniversaire et la visibilité de mon pays dans le cadre de l’organisation :

– Le 21 novembre 2005, à l’occasion de sa visite officielle en France, le Président de la Roumanie, M. Traian Basescu, s’est rendu au siège de l’UNESCO, où il a rencontré le Directeur général, M. Koïchiro Matsuura. Lors de cet entretien, le Chef de l’Etat roumain a réitéré l’appui actif de notre pays aux objectifs de l’UNESCO et à la mise en œuvre des programmes et des projets adoptés par les Etats membres, invitant aussi M. Koïchiro Matsuura à effectuer une visite officielle en Roumanie.

– Suite aux efforts déployés par la Délégation permanente, plusieurs événements de la vie de notre pays ont été inscrits sur la Liste des Anniversaires de l’UNESCO, comme : en 2004, les 500 ans de la disparition du Prince Etienne le Grand, le bâtisseur des églises aux fresques extérieures peintes du Nord de la Moldavie, qui ont d’ailleurs été inscrites au sein du Patrimoine mondial ; en 2005, les 50 ans de la disparition du compositeur Georges Enesco; en 2006, le centenaire de la naissance du mathématicien, informaticien et philosophe Grigore Moisil et le centenaire du premier vol avec un appareil plus lourd que l’air effectué le 18 mars 1906, à Montesson, par l’ingénieur Traian Vuia ; en 2007, le cinquantenaire de la disparition du grand sculpteur Constantin Brâncusi.

La plupart de ces anniversaires ont été brillamment célébrés par des manifestations mémorables, comme notamment :

– le concert de l’Orchestre national de la Société roumaine de Radiodiffusion, pour marquer les cérémonies dédiées au Prince Etienne le Grand (en 2004) ;

– le concert de l’Ensemble orchestral de Paris sous la baguette du chef d’orchestre américain d’origine roumaine Lawrence Foster, au Théâtre des Champs-Elysées, en l’honneur de Georges Enesco, ainsi que le lancement, au siège de l’UNESCO, du CD de l’intégrale des œuvres orchestrales du compositeur roumain, enregistrées à la Maison EMI (Classics) France, sous la direction du même Lawrence Foster. Ajoutons à tout cela le vernissage, au siège de l’UNESCO, de l’exposition sur la restauration, par les soins du Centre du Patrimoine mondial, de l’église du Monastère de Probota et celle de photos de monuments historiques roumains du Moyen-Age, organisée à Tonnere, en terre bourguignonne ; notre Délégation a également organisé, au siège de l’UNESCO, un remarquable et remarqué spectacle de pantomime « Le Rêve », réalisé par le comédien Dan Puric du Théâtre national de Bucarest (en 2005).

Plus récemment, le 18 mars 2006, la Mairie de Montesson en collaboration avec l’Ambassade de Roumanie à Paris et notre Délégation permanente, a organisé en présence d’un ministre français et d’un ministre roumain, une grande manifestation placée sous le patronage du Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, afin de marquer au jour le jour, le centenaire du vol de Traian Vuia.

Sans compter l’organisation d’une magnifique exposition des œuvres du peintre roumain Margineau sur le thème “La Roumanie à vol d’oiseau” et d’un spectacle présenté par l’ensemble roumain Ghioalul (le Perce-Neige), dans le cadre du 50ème anniversaire de l’adhésion de la Roumanie à l’UNESCO.

Sur le plan institutionnel, je tiens à souligner que la Délégation de la Roumanie s’est illustrée par une présence très active lors de la 33ème session de la Conférence générale de l’UNESCO (du 3 au 21 octobre 2005). Mon pays dont est originaire l’un des vice-présidents élus de la conférence, s’est impliqué fortement au sein du Groupe des Etats membres de l’Union européenne, dans le processus de négociation et d’adoption par la Conférence générale de la « Convention concernant la protection et la promotion de la diversité des expressions artistiques », de la « Convention internationale contre le dopage dans le sport » et de la « Déclaration sur les normes universelles en matière de bioéthique ».

La Délégation permanente de la Roumanie se prépare, à présent, pour célébrer de manière adéquate le Jubilé de l’adhésion de la Roumanie à l’UNESCO mais aussi, dans le cadre du Groupe des ambassadeurs francophones dont j’assume la Présidence, à organiser des manifestations à même de bien illustrer l’importance du XIème Sommet de la Francophonie qui sera accueilli en septembre prochain par Bucarest, du centenaire de Léopold Sedhar Senghor, l’un des pères fondateurs de la Francophonie institutionnelle,

et du XXème anniversaire du premier Sommet de la Francophonie de Versailles (1986).

A travers toutes ces activités, la Délégation permanente met en exergue l’excellence de la qualité actuelle des liens de coopération tissés entre mon pays et l’UNESCO. Elle s’efforce de leur assurer une large perspective de développement, placée sous le signe de la modernité, ces liens représentant un axe majeur de la politique extérieure de la Roumanie.


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