La lettre diplomatique

Entretien – Espagne
La Lettre Diplomatique n°70 – Deuxième trimestre 2005

Source d’un nouvel optimisme en Europe

 

Plus d’un an après l’investiture du Président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, S.E.M. Francisco Villar, Ambassadeur d’Espagne en France, livre ici ses réflexions sur la crise que traverse actuellement l’Union européenne, et sur le nouvel élan impulsé par la Moncloa, le siège du gouvernement, aux autres axes prioritaires de la politique étrangère espagnole et plus particulièrement aux relations avec la France.

 

 
La Lettre Diplomatique : Monsieur l’Ambassadeur, le vote majoritaire des Français contre le projet de traité constitutionnel le 29 mai dernier, suivi par celui des Hollandais, a initié une période difficile pour l’Union européenne. Comment avez-vous perçu l’intense débat qui a eu lieu en France sur ce sujet et le rejet

français du traité constitutionnel ?

 

S.E.M. Francisco Villar : Le débat en France a été, en effet, intense, long et riche. Malheureusement, c’est aussi un débat qui a été totalement détourné par certains et qui, surtout, a été contaminé par des questions de politique intérieure française ou par des questions, sans aucun doute importantes, mais qui ont peu à voir avec le Traité. De plus, le débat a eu lieu dans un contexte difficile et complexe à bien des égards (politique, social, économique, psychologique), très peu favorable à ce genre de consultation.

Le résultat a été, de mon point de vue, très négatif pour la France, pour l’Europe et pour le processus de construction européenne.

 

L.L.D. : Les Espagnols ont été les premiers à adopter par referendum le traité constitutionnel de l’UE le 20 février dernier. Si le « oui » l’a remporté à plus de 76% des voix, comment expliquez-vous le record atteint à cette occasion par le taux d’abstention ?

 

S.E.M. F.V. : Il est vrai que le taux d’abstention a été assez élevé, mais il faut souligner que l’Espagne n’a pas une grande tradition référendaire, que la participation aux votes ou élections européennes a toujours été beaucoup plus faible que la participation aux élections nationales, qu’il y a eu très peu de confrontation politique du fait que les principales forces politiques, syndicats, etc. étaient favorables au « oui » et que, en conséquence, le résultat était prévisible.

En tout état de cause, ce qui est important et très positif, c’est le soutien massif manifesté par les Espagnols à l’égard du Traité.

 

L.L.D. : Comment définiriez-vous l’apport de ce traité au processus de construction européenne ?

 

S.E.M.F.V. : Il ne fait, pour moi, aucun doute qu’il s’agisse d’un bon traité, qui ne constitue pas un nouveau projet d’intégration mais un cadre juridique, un outil indispensable, établissant de nouvelles règles pour que l’Europe élargie puisse fonctionner et avancer dans le processus d’intégration.

Le Traité ne suppose aucun recul, bien au contraire. Il suppose des progrès, des avancées, des pas en avant réels et incontestables dans le processus de construction européenne. Ces avancées sont significatives du point de vue de la démocratisation ou de la réduction du déficit démocratique (processus d’élaboration au travers de la Convention, renforcement du rôle du Parlement européen et des Parlements nationaux, introduction de l’initiative législative populaire), de la constitutionnalisation de la Charte des Droits fondamentaux, du renforcement du rôle et du poids de l’UE dans le monde (Présidence plus stable, Ministre des Affaires étrangères avec double casquette, service diplomatique européen, définition des principes de   l’Europe de la Défense) et du point de vue de l’efficacité (processus de prise de décisions plus agile de la part du Conseil, augmentation du nombre des questions décidées à la majorité qualifiée).

 

L.L.D. : Devenue une des éco-nomies les plus dynamiques d’Europe, l’Espagne devrait, à moyen terme, sortir du fonds de cohésion. Comment votre pays se prépare-t-il à cette perspective d’un point de vue économique ?

 

S.E.M. F.V. : Nous assumons le fait que notre pays, en raison de l’importance de sa croissance économique et de « l’effet statistique » (entrée dans l’UE de dix pays plus pauvres) cessera de bénéficier du fonds de cohésion à moyen terme. Ce que nous essayons d’obtenir c’est que cette perte ne soit pas brusque et brutale, qu’elle ne se fasse pas du jour au lendemain, car cela aurait, en toute logique, des conséquences néfastes sur notre économie et affecterait aussi négativement nos principaux partenaires économiques et commerciaux.

Pour autant, la croissance soutenue de notre économie et les perspectives pour les années à venir nous permettent d’envisager les choses avec un optimisme relatif. Notre grand défi économique consiste désormais à rendre notre économie plus compétitive. Pour ce faire, sans toutefois abandonner nos investissements en matière d’infrastructures, nous allons augmenter de plus en plus nos investissements dans les domaines de la recherche, du développement, des nouvelles technologies.

 

L.L.D. : Le gouvernement espagnol a récemment procédé à la régularisation de près de 700 000 sans-papiers. Comment définiriez-vous la politique d’immigration de votre gouvernement ?

 

S.E.M. F.V. : La régularisation de près de 700 000 immigrés sans-papiers, situation véritablement insoutenable dont le gouvernement espagnol a hérité, a été un franc succès, tant du point de vue des droits de l’Homme en mettant un terme à des situations d’abus et d’exploitation, que du point de vue social et économique en affleurant une population qui ne payait pas d’impôts et ne cotisait pas à la sécurité sociale.

Et cela s’est fait sans produire un « effet d’appel » significatif. Dorénavant, les contrôles vont être renforcés de telle sorte que les flux migratoires soient organisés, si possible à la source, et en fonction des nécessités économiques du pays. Nous considérons, par ailleurs, que pour faire face au phénomène de l’immigration et combattre l’immigration illégale la coopération internationale sera de plus en plus importante.  

 

L.L.D. : Considérant le glissement du centre de gravité communautaire vers l’Est avec l’élargissement du 1er mai 2004, quelle est votre vision de l’évolution de la dimension politique de l’Espagne au sein de l’UE élargie ?

 

S.E.M. F.V. : Le centre de gravité de l’UE ne se définit pas en termes géographiques. L’Espagne est chaque fois plus décidée à demeurer au centre, au cœur du processus de construction européenne et à peser sur ce dernier. En même temps, nous continuerons, avec la France et d´autres partenaires, à renforcer les dimensions transatlantique, y compris les relations UE-Amérique latine, et méditerranéenne, et plus particulièrement, le partenariat euroméditerranéen et la politique de voisinage de l’UE.

 

L.L.D. : Alors que le Processus de Barcelone célèbre en 2005 le 10ème anniversaire de son lancement, quelles synergies votre pays peut-il impulser pour favoriser un véritable partenariat entre les deux rives de la Méditerranée ?

 

S.E.M. F.V. : L’année 2005 est l’année de la Méditerranée pour l’UE. C’est également l’année où   l’on commémorera les dix ans de la Déclaration de Barcelone, et à cette occasion nous serons les   hôtes des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Partenariat euroméditerranéen lors d’une réunion qui se tiendra dans la capitale catalane en novembre prochain. Cet anniversaire ne doit pas être un simple rappel de ce que nous avons obtenu, qui représente beaucoup, mais aussi une réflexion sur nos nouveaux objectifs communs et sur l’impulsion politique qu’il convient de donner pour relancer le Processus. L’Espagne contribuera avec enthousiasme à ce que l’Union réaffirme le compromis qu’elle a conclu avec nos anciens voisins, et, pour cela, elle favorisera plus particulièrement le maintien de la coordination avec les autres pays européens leaders en cette matière et avec les partenaires de la rive sud. L’Espagne désire apporter sa propre expérience européenne en Méditerranée. Je souhaite, à cet égard, évoquer l’exemple de la politique régionale, domaine dans lequel nous partageons l’intérêt de la France pour l’application de cet instrument dans notre relation avec nos partenaires méditerranéens.

 

L.L.D. : Après trois années de crise diplomatique qui ont culminé avec l’incident de l’îlot Persil, le Président José Luis Rodriguez Zapatero a choisi d’effectuer au Maroc sa première visite officielle à l’étranger. Comment qualifieriez-vous la nouvelle donne des relations hispano-marocaines ?

 

S.E.M. F.V. : Après le voyage du Président du Gouvernement espagnol, M. Zapatero, Leurs Majestés le Roi et la Reine ont également effectué une visite au Maroc, pays avec lequel nous maintenons des liens très forts et très spécifiques du fait de notre proximité, de notre passé commun, de l’existence de grandes communautés de ressortissants de nos deux pays (aussi bien au Maroc qu’en Espagne), de l’interdépendance culturelle, économique, etc. Ces deux visites sont le symbole des excellentes relations bilatérales, de la confiance mutuelle et de la certitude que la stabilité et le progrès de nos deux pays sont liés. C’est donc dans cette direction que nos deux gouvernements travaillent. L’Espagne continue, de plus, à défendre et à développer la vocation méditerranéenne de l’UE dans le cadre du Processus de Barcelone, domaine dans lequel le Maroc s’est également investi de manière décisive.

 

L.L.D. : Illustrant une rupture majeure avec la ligne atlantiste de son prédécesseur, le Président José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé dès le 18 avril 2004 le retrait des troupes espagnoles stationnées en Irak. Quelles orientations sont-elles privilégiées pour redéfinir les relations entre l’Espagne et les Etats-Unis ?

 

S.E.M. F.V. : L’Espagne maintient des relations étroites avec les États-Unis et accorde une importance toute particulière aux relations transatlantiques. Ces derniers mois, nous avons avancé dans les principaux domaines de notre relation bilatérale avec les visites à Washington des ministres espagnols des Affaires étrangères, de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense. Par ailleurs, l’Espagne a accru son implication sur la scène internationale et partage avec les Etats-Unis la certitude qu’une présence active est nécessaire en Haïti, en Afghanistan, en Bosnie ou au Kosovo. Notre collaboration mutuelle dans des forums multilatéraux tels que l’OTAN est indéniable. De plus, nous maintenons le dialogue dans des domaines qui sont d’intérêt commun : l’Amérique latine en est un exemple. Il est évident que le départ des forces espagnoles d’Irak n’a pas été bien accueilli par le Gouvernement américain, mais il ne faut pas oublier le compromis espagnol en faveur de la reconstruction de l’Irak et le succès de sa transition politique.

 

L.L.D. : Constituant un des axes fondamentaux des relations entre l’Espagne et l’Amérique latine, le Sommet ibéro-américain tient sa prochaine conférence à Salamanque en octobre 2005. Compte tenu du relatif désintérêt dont souffre cette enceinte de dialogue et de la mise en œuvre d’une réforme de son fonctionnement, comment un nouvel élan peut-il lui être insufflé ?

 

S.E.M. F.V. : Il est vrai que l’on n’a pas toujours réussi à faire valoir suffisamment toute la valeur et l´utilité des Sommets Ibéro-américains qui ont souffert, dans le passé, d´un certain scepticisme. Il est pourtant nécessaire de reconnaître leurs mérites. Les Sommets Ibéro-américains constituent un forum privilégié de concertation politique et de coopération économique et sociale ; le seul, en dehors des Nations unies et des organismes régionaux des Caraïbes auquel participe Cuba ; qui permette de résoudre discrètement toutes sortes de problèmes, par le biais de contacts directs entre Chefs d’Etat et de Gouvernement. Il a rendu possible la formation d´un réseau économique et social ibéro-américain, ainsi que la mise en place d´un vaste programme de coopération (bourses Mutis, bibliothèques et archives, cibermedia, fond indigène…). Il s´agit donc, lors du prochain Sommet de Salamanca, les 14 et 15 octobre prochains, de faire un pas en avant vers la consolidation de la Communauté Ibéro-américaine des Nations, sur la base de l´expérience et de l´acquis des quatorze dernières années. Le défi est double : élaborer des propositions de plus en plus concrètes et y impliquer davantage tous les acteurs de la société civile. Pour ce qui est des résultats concrets et mesurables, il sera proposé à Salamanca l´approbation d´une Carte culturelle ibéro-américaine ; projet plus large que celui de Convention de l´UNESCO pour la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques, mais aussi programme d´échange de dette contre éducation et un nouvel agenda ibéro-américain de coopération internationale (pour fixer les priorités de la région dans ce domaine, lancer de nouvelles formules de coopération avec des pays tiers comme Haïti et créer un mécanisme de révision périodique des programmes). Enfin, nous soutiendrons la mise en place d´un espace ibéro-américain de liberté, de sécurité et de justice qui permette de faire progresser l´harmonisation des législations et de renforcer la collaboration judiciaire et policière dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et le terrorisme. D´autre part, il faut rappeler la prochaine nomination du Secrétaire général qui donnera une nouvelle impulsion jusqu’au prochain sommet, en lançant le mécanisme de consultations dans les cas d´urgence et en renforçant la présence internationale de la Communauté ibéro-américaine.

 

L.L.D. : La visite du Président José Luis Rodriguez Zapatero au Venezuela, où il a rencontré les dirigeants vénézuélien, brésilien et colombien en mars dernier annonce-t-elle une implication plus large de la diplomatie espagnole dans la région ?

 

S.E.M. F.V. : La large implication de l´Espagne en Amérique latine n´est pas une nouveauté. Cette région constitue l´une de nos grandes priorités. L´Espagne ressent le devoir et, surtout, elle a la volonté de s’engager pour assurer la stabilité régionale. C´est pour cela que le Président du gouvernement espagnol, lors de la rencontre à laquelle vous faites référence, a insisté sur la notion de « sécurité partagée ». Il s´agirait de renforcer la coopération policière et judiciaire des pays de la zone pour que, d´un côté, ils puissent faire face ensemble aux défis qui leur sont communs, et, d´un autre côté, éviter que des conflits donnant lieu à des tensions bilatérales se reproduisent à l’avenir.

 

L.L.D. : Marqué par la question du traité constitutionnel, le discours du Président José Luis Rodriguez Zapatero à l’Assemblée nationale française le 1er mars dernier, symbolise également le nouveau dynamisme des relations franco-espagnoles. A la lumière du Sommet franco-espagnol de Saragosse en décembre 2004, dans quels domaines privilégiés les deux pays envisagent-ils d’intensifier leur coopération tant sur le plan européen, qu’international ?

 

S.E.M. F.V. : Nous devons réfléchir ensemble, intensifier notre coopération pour sortir l’UE du marasme et de la crise dans laquelle elle se trouve enlisée à l’heure actuelle et, partant de là, nous devons continuer à travailler étroitement pour faire avancer le processus de construction et d’intégration européennes. Car nos deux pays partagent beaucoup d’intérêts communs dans ce processus, à commencer par l’intérêt que ce dernier progresse, ainsi qu’une vision et une ambition très similaires quant à la nécessité d’une Europe plus moderne, plus prospère, plus juste et plus solidaire. Nos deux pays souhaitent également une Europe politique, qui fasse sentir son poids dans le monde et, très spécialement, dans ces régions où nous avons également des intérêts communs (le Maghreb, le Proche-Orient, la Méditerranée).

 

L.L.D. : Plus précisément, quels sont les principaux axes et les réussites de la coopération franco-espagnole en matière de lutte anti-terroriste, notamment pour éradiquer l’organisation terroriste basque, ETA ?

 

S.E.M. F.V. : La coopération policière et judiciaire est et continuera d’être l’un des axes fondamentaux et les plus solides des relations bilatérales hispano-françaises. Sur la base d’intérêts de plus en plus semblables et partagés, et d’un climat de grande confiance, nous atteignons des degrés de collaboration extraordinaires. Les résultats sont là. Mais c’est une coopération qui ne se limite pas à combattre et à en finir avec le terrorisme de l’ETA, aussi importante que continue d’être cette lutte ; elle est élargie à la lutte contre d’autres activités terroristes, comme celles liées au terrorisme islamiste, à la lutte contre la délinquance organisée, le trafic des drogues, l’immigration illégale.

 

L.L.D. : Créé lors du sommet de Saragosse, quel peut-être l’apport d’un sommet spécifique des régions autonomes voisines de la France et des entités territoriales françaises à la coopération décentralisée entre les deux pays ?

 

S.E.M. F.V. : Il a effectivement été décidé lors du sommet de Saragosse qu’une réunion serait célébrée sous la présidence du Premier ministre français et du Président du Gouvernement espagnol, avec la participation des Présidents des Communautés autonomes et des Régions françaises frontalières. Pour la différencier des sommets bilatéraux proprement dits, il a été convenu de donner à cette rencontre le nom de « Réunion de Haut Niveau sur la Coopération transfrontalière entre l’Espagne et la France ». Cette dénomination nous donne précisément une idée de son objectif réel : offrir une plus grande visibilité, faire un bilan et permettre aux gouvernements centraux d’avoir une meilleure connaissance de la coopération transfrontalière que mènent les différentes entités régionales et locales. Pour ce qui est de l’apport concret d’une réunion de cette nature à la coopération décentralisée entre nos deux pays, je suis persuadé qu’elle permettra de mettre en évidence et de donner un nouvel élan aux progrès réalisés dans des domaines aussi importants que les infrastructures de transport (routier et ferroviaire), les connexions électriques, l’éducation, la santé, l’environnement, sans oublier les autres aspects de la coopération bilatérale transfrontalière dont ont bénéficié les deux côtés des Pyrénées dans le cadre plus large des programmes européens de coopération interrégionale (EUROREGION, INTERREG, URBAN).

Enfin, cette rencontre de haut niveau sera également utile pour analyser en perspective les nombreuses actions conjointes menées dans le cadre du Traité de Bayonne de 1995, en l’interprétant et en l’adaptant à l’avenir aux nouvelles exigences politiques, sociales et économiques des citoyens des deux côtés de la frontière.

 

L.L.D. : Considérant l’existence d’une forte coopération culturelle franco-espagnole, quels sont les résultats du programme linguistique conjoint Tandem ?

 

S.E.M. F.V. : Le 26 novembre 2002, à l’occasion du sommet franco-espagnol de Malaga, les Ministres des Affaires étrangères de l’Espagne et de la France ont signé un mémorandum d’entente pour la mise en place du Programme de Langue et de Coopération « TANDEM », selon lequel, à partir de l’été 2003, des bourses seraient offertes à des étudiants espagnols et français afin de leur permettre de réaliser des stages conjoints -en couples binationaux- dans le cadre de projets de coopération officielle au développement soutenus par l’Espagne ou la France dans des pays tiers.

Depuis 2003, année de démarrage du programme « TANDEM », des bourses « tandem » de trois mois ont été attribuées chaque année par l’Agencia Española de Cooperación Internacional (AECI) du Ministère espagnol des Affaires étrangères à cinq ressortissants français, et par la Direction générale de la Coopération internationale et du Développement (DGCID) du Ministère français des Affaires étrangères à cinq ressortissants espagnols.

Les résultats des deux éditions de cette nouvelle expérience bilatérale ont été hautement satisfaisants. Les boursiers de l’appel à candidatures 2005 ont déjà été sélectionnés et ils participeront cet été en couples hispano-français à des projets de coopération de l’AECI en Argentine, au Guatemala, en Honduras, au Panama et au Salvador, et à des projets de la DGCID au Cambodge, au Niger, au Yémen, en Tunisie et en République centrafricaine.

 

L.L.D. : Quels efforts peuvent-ils être faits en matière de coopération universitaire et scientifique ?

 

S.E.M. F.V. : Dans le domaine des accords de coopération multilatérale entre établissements d’enseignement supérieur, et là, je pense particulièrement au programme Erasmus, un effort spécifique devrait être fait pour faciliter l’accès au logement aux étudiants qui participent à ce type d’échange. Les accords souscrits entre établissements d’enseignement supérieur, surtout dans les grandes agglomérations, devraient mettre en œuvre des solutions aux problèmes que rencontrent ces jeunes dans la recherche d’un logement digne et à un prix raisonnable. Cela étant, il me semble qu’il faudrait également réviser à la hausse le montant des allocations Erasmus.

De plus, il faudrait parvenir à établir des accords comme celui qu’ont signé, en mai dernier, les deux ministres français et espagnol de l’Education et qui marque la reconnaissance officielle des sections espagnoles en France et des sections bilingues en Espagne.

Dans le domaine scientifique, les efforts à faire doivent répondre aux attentes de la société afin de concilier le monde de l’éducation aux besoins et à la réalité de la société actuelle, sa modernité et aux progrès technologiques accomplis.

Il ne faudrait pas oublier à ce propos que la France détient un pôle d’excellence dans le domaine de la recherche spatiale.

Il sera indispensable de privilégier plus encore les échanges de personnels enseignants (programme poste pour poste) et de chercheurs entre nos deux pays.


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