Lundi 22 Avril 2019  
 

N°124 - Quatrième trimestre 2018

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L’industrie médicale : fer de lance d’une économie tournée vers la connaissance

Début 2015, le géant nippon de l’industrie pharmaceutique, Chugai Pharmaceutical annonçait un plan d’investissement de 476 millions de dollars pour renforcer son institut de recherche à Singapour. Soit l’un de ses investissements en recherche et développement (R&D) les plus importants. Or, lors de sa création, en 2012, le Chugai Pharmabody Research (CPR) ne prévoyait qu’un plan d’investissement sur cinq ans de 200 millions de dollars. Preuve de la confiance dont jouit aujourd’hui l’écosystème d’innovation singapourien dans le domaine de la médecine et, plus particulièrement de la biomédecine.
Comme Chugai, d’autres géants de la pharmacie comme Novartis, GlaxoSmithKline (GSK), Abbot ou Procter and Gamble ont fait le pari d’externaliser une partie de leurs activités de R&D à Singapour. Le groupe français L’Oréal développe, lui aussi depuis 2012, un Centre de recherche avancé au sein de l’Institut de biologie médicale (IMB) de Biopolis dans le domaine de la dermatologie.
Récemment encore, c’est un autre groupe japonais, Takeda, qui y implantait un laboratoire de recherche sur les vaccins contre des maladies infectieuses qui sévissent en Asie du Sud-Est, dont la dengue. Un secteur dans lequel il est en concurrence avec le français Sanofi Pasteur, qui est en train de mettre au point un vaccin contre cette infection virale et qui lui aussi est implanté à Singapour.
À l’image des investissements massifs réalisés par ces Big Pharma, la Cité-État s’est bâtie en quelques années une solide réputation en matière de recherche et d’essais cliniques. Elle accueille d’ailleurs le siège du Centre de coordination sur les bonnes pratiques cliniques de l’APEC (GCP). Elle est aussi à l’origine d’avancées en matière de recherche sur le cancer grâce au Cancer Science Institute siégeant au sein de l’Université nationale de Singapour (NUS), plateforme multi-institutionnelle, qui cherche à développer de nouvelles thérapies pour lutter contre le cancer.
Pour se hisser à ce niveau, le gouvernement singapourien n’a pas hésité à mettre en place des infrastructures ultra-modernes connectant le monde de la recherche, au sein de Biopolis, directement à celui de l’industrie, au sein du Tuas Biomedical Park. Avec pour effet d’attirer de grand noms comme le Pr Daniela Rhodes qui dirige l’Institut de biologie structurelle récemment créé par la Nanyang Technological University (NTU) ou le Prix Nobel de médecine 2002, Dr Sydney Brenner qui a parié très tôt sur le potentiel à faire émerger à Singapour une industrie biomédicale.
Un pari qui s’est matérialisé au cours de la dernière décennie et qui porte aujourd’hui ses fruits : la médecine est aujourd’hui au coude à coude avec l’électronique, secteur à l’origine de l’émergence économique du pays, en terme de contribution au PIB. Elle représente une production de plus de 3,5 milliards de dollars en 2014 (contre 1 milliard de dollars en 2000), tandis qu’elle emploie 10 000 salariés.    CH

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