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Quatrième trimestre 2016

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L’AFD au Suriname : montée en puissance depuis 2013

Par M. Grégory VILLENEUVE,
Directeur de l’Agence française de Développement (AFD) à Saint-Domingue et Paramaribo

LAgence française de Développement (AFD) est autorisée à intervenir au Suriname depuis le comité interministériel de 2013. Le groupe y finance des interventions devant permettre une croissance verte et solidaire et favorise une meilleure intégration régionale ; plus particulièrement avec la Guyane française avec laquelle le Suriname partage près de 500 km de frontières.
De fait, l’AFD dispose depuis janvier 2010 d’un bureau à Paramaribo. Afin de clarifier le soutien français en matière de développement, une feuille de route a été signée en novembre 2015 pour un horizon de 5 ans ; elle confirme la priorité géographique des interventions de l’AFD dans l’Est du pays (vers la Guyane française) et définit les secteurs d’intervention sans être restrictive.
Cet accord envisage un rythme d’opérations de l’ordre de 15 à 20 millions d’euros par an en prêts souverains. Il est encouragé de mobiliser des cofinancements ou de rechercher des subventions européennes (par exemple, la Caribbean Investment Facility) au bénéfice du gouvernement du Suriname. Par ailleurs, un fonds d’étude de 400 000 euros a été mis à la disposition des autorités en avril 2014 afin de faciliter la conception et l’instruction de nouveaux projets financés par l’AFD. Quatre secteurs d’intervention sont aujourd’hui priorisés : ce sont l’électricité, l’eau potable et l’assainissement, la santé et ultérieurement le développement urbain.
La première intervention dans le pays fût un cofinancement avec la Banque interaméricaine de développement (BID) et l’Union européenne (un prêt de 25 millions d’euros de l’AFD) pour réhabiliter la route reliant Paramaribo à la ville frontière d’Albina (en face de Saint Laurent du Maroni, en Guyane française). Les travaux ont été achevés en 2014.
Dans la santé, l’objectif est de permettre une amélioration de l’offre des soins ; jusqu’alors de nombreux surinamais limitrophes recherchaient une offre hospitalière à St Laurent. Ce projet de 16,1 millions d’euros (dont 1,1 million d’euros en subvention) qui a été approuvé en 2008 est en voie d’achèvement ; il vise à construire et équiper la bande frontière de dispensaires modernes et plus encore à financer un nouvel hôpital de 40 lits dans la petite ville d’Albina.
Dans l’eau, un prêt de 12,5 millions d’euros a été octroyé en 2014 pour soutenir la principale société publique (SWM) dans le financement de ses investissements prioritaires ; en l’occurrence, cela correspond au doublement de la capacité de pompage dans l’aquifère desservant la capitale et à la construction d’une nouvelle station de potabilisation à Moengo à l’Est du pays. Le projet vise à préparer l’avenir en permettant de financer un nouveau schéma directeur d’assainissement de la capitale. L’UE a été aussi sollicitée afin de compléter ce programme, tant pour des investissements supplémentaires à Moengo que pour pérenniser le modèle économique de l’entreprise publique.
Dans l’électricité, un prêt est en cours d’instruction pour permettre à la société publique EBS de connecter les divers réseaux électriques isolés en un système unique sécurisé ; ce prêt financera l’interconnexion de l’Est du pays avec le réseau principal permettant une économie de fonctionnement. À plus long terme, le Suriname offre des perspectives intéressantes en matière de développement des énergies renouvelables ou d’électrification rurale. Par ailleurs, le pays a reconduit en 2016 un protocole d’accord Arco Norte visant à favoriser l’interconnexion régionale des systèmes électriques.
Le pays subit de plein fouet la chute des prix des matières premières donc des ressources publiques alors qu’il tarde à réduire ses dépenses, spécifiquement les subventions aux consommateurs. Le déficit public entraîne une forte hausse de la dette et le Suriname fait appel aux bailleurs internationaux – non seulement le FMI mais aussi les banques de développement- pour traverser cette tourmente financière et relancer les investissements à long terme.

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