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Deuxième trimestre 2015

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Quand l’Afrique s’illuminera

par M. Jean-Louis Borloo,
ancien Ministre d'État, Président fondateur de la Fondation Énergies pour l'Afrique

Les Africains auront l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la sécurité, à l’amélioration des conditions de vie car l’énergie est le facteur fondamental et préalable à toute croissance économique, sociale et à tout équilibre territorial.
D’ici 30 ans, l’Afrique comptera 1 milliard de nouveaux habitants, ce boom démographique sans précédent dans l’histoire de l’humanité s’avère être une formidable chance mais également un incroyable défi.
Une formidable chance parce que la population africaine est aujourd’hui, et sera demain, la plus jeune du monde, 50% des Africains ont moins de 25 ans. Cette jeunesse, dont le niveau d’éducation a considérablement progressé, qui est née avec Internet, la télévision, les téléphones mobiles, représente un véritable atout et, donc, l’avenir du continent.
Un incroyable défi, parce qu’il va falloir nourrir, former, loger, employer et guérir ces nouveaux habitants qui, inéluctablement, sont attirés vers les lumières des grandes villes africaines et de l’Europe.
Ces flux migratoires importants sont des facteurs de déstabilisation pour le continent mais aussi pour le reste du monde. En Afrique, l’exode rural crée des chaudrons urbains, dans des villes qui ne disposent pas toujours des infrastructures nécessaires à l’accueil de ces nouvelles populations. En Europe, nous assistons à un phénomène d’immigration massive aux conséquences souvent dramatiques.
Pour faire face à ces enjeux, l’accès à l’énergie est l’absolue priorité.
À ce jour, les deux tiers de la population du continent soit 650 millions d’Africaines et d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. L’énergie est le préalable à tout développement, la ressource indispensable à la vie, à la lutte contre l’obscurité et, donc, contre l’obscurantisme.
L’électrification du continent n’est ni impossible, ni inexistante mais au contraire nécessaire, vitale et surtout réalisable d’ici 2025. En effet, on estime à ce jour que si l’ensemble des projets et avant-projets existants étaient mis en œuvre, l’Afrique pourrait être électrifiée à 80% d’ici 10 ans. Ces projets sont connus et identifiés mais la plupart d’entre eux connaissent un problème de soutenabilité financière et de bancabilité.
Les initiatives sont nombreuses mais éparses et les critères d’accès aux financements internationaux publics et privés demeurent multiples et complexes. C’est la raison pour laquelle la création d’une Agence, à objet unique, dédiée à l’électrification de l’Afrique, dirigée par les Africains et pour les Africains, est indispensable.
Dotée d’une subvention de 5 milliards de dollars par an et d’une ingénierie publique de haut niveau, elle serait un outil de fédération des partenaires et bailleurs de fonds au service des États et des projets ainsi qu’un véritable vecteur de mobilisation de l’ensemble des capacités de financement privé, public, classique ou concessionnel
Ce chaînon manquant est le seul outil capable de sécuriser les financements, d’assurer la soutenabilité des projets et donc leur faisabilité.
La création de cette Agence nécessite évidemment un consensus, c’est pourquoi, j’ai été à la rencontre de 41 chefs d’Etat et de gouvernement africains qui ont tous soutenu le projet et souligné la véritable urgence de sa mise en œuvre.
Il est urgent d’agir, parce que la course contre la montre est enclenchée pour que les ressources énergétiques du continent et sa puissance démographique deviennent une force et non plus un frein à sa croissance, un plan lumière opérationnel, efficace, permettrait une croissance de plus de 10% par an pendant 30 ans, ce qui relancerait également la croissance européenne de manière décisive.
Il est urgent d’agir, parce qu’au-delà de la dimension humaine évidente, c’est également un enjeu de justice climat. En effet, l’Afrique n’émet quasiment pas de CO2 par rapport aux pays développés, mais est en revanche totalement victime des conséquences du dérèglement climatique, alors même qu’elle constitue un puit de carbone pour l’ensemble de l’humanité.
Ne nous y trompons pas, l’avenir de l’Afrique, de l’Europe et du monde sont intimement liés !   

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