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  Vendredi 28 Avril 2017  
 

Premier trimestre 2015

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Horizons diplomatiques, l'agenda 2015

L’année 2015 qui s’est ouverte avec le double attentat des 7 et 9 janvier perpétrés en France et qui devrait s’achever avec la conférence sur le climat de Paris, la COP 21, sera marquée par la montée des risques, des affrontements et des violences terroristes, qui se répandent déjà sur une bonne partie de la planète. Il apparaît fort probable que l’on assistera à la recrudescence des activités des groupes djihadistes et salafistes ainsi qu’à la montée des nationalismes. En dépit d’un contexte, à priori, peu favorable aux grands projets de coopération multilatérale et au-delà des aspects sécuritaires, une forte volonté politique se manifeste pourtant pour œuvrer communément dans les domaines du climat, du commerce, de la fiscalité et du développement. La communauté internationale finit toujours par s’unir contre les dangers communs. Il en est ainsi de la coalition internationale forte de plus de 40 États qui s’est mobilisée contre Daech. Les principaux acteurs internationaux optent plutôt pour le dialogue et la coopération que pour la confrontation, comme la Chine et le Japon en ont montré l’exemple en Asie orientale. En Europe, les accords de Minsk II ont ouvert la porte au dialogue et rallumé l’espoir. La célébration du 70ème anniversaire du plus meurtrier conflit de l’histoire fournira une nouvelle occasion de réfléchir aux vertus du dialogue et de la coopération mais aussi à leurs limites face au fanatisme et à la barbarie. Au plan économique, la baisse des prix de l’énergie, les efforts de redressement menés par un grand nombre de gouvernements, comme la croissance robuste qui s’est installée aux États-Unis ne manqueront pas d’avoir des effets positifs en Europe et en France qui en bénéficieront mécaniquement.
 Un des premiers soucis des chancelleries sera, au cours de cette année, de contribuer à la stabilisation de la situation en Ukraine, en rendant possible la pleine application des accords de Minsk du 12 février. Si survenait un réel processus de désescalade, dont les signes paraissent encourageants, suivi d’un dialogue prenant pleinement en compte les intérêts des acteurs impliqués dans ce conflit, toute une région du monde éviterait d’entrer dans une longue période de tensions. Déjà un certain nombre de pays ont émis le vœu de réintégrer la Russie dans le G7 et la délicate question de la livraison des porte-hélicoptères de classe Mistral à la Russie aurait encore de bonnes chances de trouver une solution amiable.
Si l’on quitte le continent européen, on voit que l’ensemble de la communauté internationale est aux prises avec Daech, Boko Haram et une nébuleuse de groupes terroristes islamistes affiliés à un phénomène de type nouveau, faisant fi des frontières, des États et sans aucun respect pour la dignité humaine ni pour les autres cultures et civilisations, dont ils essaient vainement d’effacer toute trace à grand renfort d’opérations violentes de destructions très médiatisées. C’est évidemment un insupportable scandale, alors que l’on célèbre cette année le 70ème anniversaire de l’UNESCO, une organisation qui, dès ses premières années, s’est mobilisée en vue de la reconstruction des écoles, des musées, des infrastructures sociales et culturelles, et qui a aussi servi de forum intellectuel international pour l’échange des idées et des connaissances scientifiques. Son principal défi demeure aujourd’hui encore l’éducation et la lutte contre l’analphabétisme, principal rempart contre l’obscurantisme.
Les États-Unis, aidés de quelques alliés européens et arabes, s’en tiennent aux seules frappes aériennes, qui semblent avoir fait leurs preuves avec la levée du siège de Kobané au terme de rudes combats, laissant aux forces irakiennes en voie de reconstitution le soin de procéder à la reconquête des territoires saisis par Daech depuis l’été 2014, opération déjà couronnée d’un certain succès par la reprise de Tikrit, l’ancien fief de Saddam Hussein. L’initiative saoudienne au Yémen et la coalition formée pour endiguer la rébellion houtiste montre clairement la détermination d’un certain nombre de puissances arabes, majoritairement sunnites, à ne pas laisser s’installer une menace déstabilisatrice à ses frontières.  Bien que considérés comme un pari risqué, cette intervention et les importants moyens aériens déployés marquent un nouveau tournant après les intenses activités diplomatiques qui l’ont précédé. La réunion des chefs d’États de la Ligue Arabe du mois de mars qui a entériné le projet de création d’une force régionale commune destinée à lutter contre les groupes terroristes dans la région, va dans le même sens.
Le clivage entre chiites et sunnites, s’étend, nourri par l’opposition entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et leurs alliés. Un autre clivage aussi sépare partisans et adversaires de l’islamisme politique incarné par les Frères musulmans : la Turquie et le Qatar s’opposent à l’Égypte, à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis dans plusieurs conflits menés par procuration. C’est en arrière plan de ces affrontements, que s’inscrit l’affrontement entre Al-Qaïda et Daech, les événements récents ayant laissé entendre que la jeune organisation islamiste née en Irak en 2003 allait absorber son aînée. C’est en Syrie où le Front Al-Nosra est en passe de s’imposer comme l’autre force majeure parmi les résistants que pourrait se sceller l’avenir du djihadisme mondial. À ceci s’ajoute une Égypte en proie à la montée des actes terroristes, à la présence d’éléments hostiles dans le Sinaï et surtout à l’instabilité chez son voisin libyen où elle se voit contrainte d’intervenir par voie aérienne. La Libye, déchirée, disloquée, constitue une plaque tournante et une zone de repli au djihadisme mondial qui se répand en Syrie et en Irak, dans le Sahel et ailleurs. La France qui a empêché que le Mali ne tombe aux mains des terroristes, y poursuit désormais la seconde phase de son action, celle de la stabilité, comme l’a indiqué le Président François Hollande dans ses vœux au corps diplomatique du 16 janvier. C’est pourquoi elle y a mis en place l’opération Barkhane.
Plus grave apparaît la situation au Nord-Est du Nigéria, où Boko Haram, se livre à un véritable crime contre l’humanité, et n’hésite pas à déborder les frontières du Nigéria, en s’en prenant aux villages frontaliers du Cameroun et du Tchad près du lac Banda. Le nouveau président nigérian, l’ancien général Muhammad Buhari, qui avait déjà occupé le fauteuil présidentiel en 1983 et qui entrera en fonction le 29 mai, s’est engagé à faire de l’éradication de la secte islamiste la priorité de son mandat tout en luttant contre la corruption. Il convient d’espérer que la Force multilatérale africaine forte de 7500 soldats, composée de contingents du Nigéria, du Tchad, du Cameroun et du Bénin parviendra aussi à refouler ce groupe qui s’est singularisé par des atrocités sans précédent.
En ayant à l’esprit la série d’affrontements qui déchirent le Proche et le Moyen-Orient, il faut espérer qu’une solution équilibrée et durable puisse être apportée à la question du programme nucléaire iranien, d’ici le 30 juin. Les lignes d’un accord ont été agréées le 2 avril : reconnaissance du droit de Téhéran à enrichir l’uranium jusqu’à 20%, bien que la quantité n’en a pas été précisée, réduction du nombre des centrifugeuses autour de 6 500, en échange d’un régime strict d’inspection de l’Agence de Vienne. Mais reste en suspens la question des sanctions : alors que l’Iran exige leur levée immédiate et complète, les autres pays s’en tiennent à une levée progressive. Tout dépendra, de la volonté  du Guide suprême Ali Khamenei, de sortir son pays de l’isolement et de l’immerger dans une mondialisation économique et culturelle, à laquelle aspire sa jeunesse. Certainement, l’attitude du Premier Ministre Benyamin Netanyahou, sorti vainqueur des élections israéliennes pèsera dans l’équation, rendant délicate la ratification par le Congrès d’un éventuel accord définitif négocié à Genève. La Russie, pour sa part, anticipe déjà la sortie positive de ce long processus de négociation puisqu’elle a décidé  le 13 avril de donner son feu vert à la livraison à l’Iran des missiles S-300 qui avait été suspendue en 2010, en application de la résolution 1929 de l’ONU. Les problèmes de prolifération nucléaire seront en tout cas abordés en mai, lorsque les 189 États signataires du Traité sur la non prolifération des armes nucléaires (TNP) se rencontreront à New York pour la Conférence d’examen qui se tient tous les cinq ans.
L’Europe finira-t-elle par trouver un accommodement avec le nouveau gouvernement grec dirigé par le parti Syriza vainqueur du processus électoral du 25 janvier ? La dure réalité imposera en Grèce comme ailleurs la mise en œuvre d’un programme de réformes que l’UE et surtout l’Allemagne d’Angela Merkel ne manqueront pas de monnayer contre toute nouvelle aide. Des élections auront lieu en septembre au Portugal et avant la fin de l’année en Espagne, où Podemos veut s’inspirer de l’exemple grec, visant à s’affranchir des dures disciplines budgétaires. L’issue des discussions au sujet de la dette grecque - 175% du PIB -  pèseront sur les législatives qui auront lieu en Grande-Bretagne en mai, largement sous pression du parti pour l’indépendance UKIP. David Cameron avancera-t-il la date du référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE, prévu pour 2017 ? L’Union européenne aura bien d’autres défis à relever en 2015, le principal étant d’éviter de plonger en déflation, sa croissance ne devant se situer qu’à peine à 1%. La politique «d’assouplissement quantitative» (QE) entamée par Mario Draghi, qui se heurte à de fortes réticences allemandes, portera-t-elle ses fruits ? Il en est de même du plan de Jean-Claude Juncker visant à mobiliser par effet de levier 300 milliards d’euros sur trois ans à investir dans les infrastructures de base, les transports, les télécommunications, Internet et l’énergie. Bruxelles et les pays membres devront décider également s’ils veulent conclure le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) qui porte sur les normes en matière de santé, d’environnement et comporte une clause de recours à la médiation par laquelle les multinationales pourront mettre en cause l’action règlementaire des États signataires. Quant à l’Allemagne, qui fêtera, le 3 octobre le 25ème anniversaire de sa réunification, il lui faudra assumer de plus en plus ses responsabilités mondiales, ce qu’a commencé à entreprendre Angela Merkel, en apportant sa médiation au conflit ukrainien, non sans avoir durci son langage vis-à-vis de Moscou.
« La seule fonction des prévisions économiques, persiflait l’économiste américain John Kenneth Galbraith, est de rendre l’astrologie respectable » rappelait l’éditorialiste du Financial Times, Martin Wolf. Il est pourtant probable que l’économie mondiale continuera de croître, comme elle l’a fait tous les ans depuis 1945, sauf en 2009, année de crise mondiale où elle s’est contractée de 2% aux taux du marché, mais est restée stable en parité de pouvoir d’achat (PPA). Le FMI estime que l’économie mondiale va croître à un rythme de 4% en PPA, stimulée par la forte chute des prix du pétrole, de plus de 50%, ce qui ajoute 0,5 à 0,8% à la croissance mondiale. Les économies émergentes, que l’on disait en perte de vitesse, devraient enregistrer une croissance plus rigoureuse de 5% contre 2% dans les pays à hauts revenus. L’Asie orientale et méridionale connaîtra toujours la croissance la plus forte avec 6%. Mais cette année, du fait de la décélération de la Chine, dont le taux de croissance pourrait à peine franchir les 7%, le taux le plus faible depuis 1990, l’Inde de Nahendra Modi pourrait la dépasser. Parlant du contre choc pétrolier, nul ne peut encore prédire ni son ampleur, ni sa durée. Parmi les pays les plus touchés figurent le Venezuela, en crise économique depuis un an qui devra affronter des élections législatives, la Russie, qui devrait subir une récession de 2,8 à 3,8%, l’Iran et le Nigéria qui ont réduit leur budget. Tout le monde s’interroge : combien de temps les pays producteurs du Golfe pourront supporter la diminution de leurs revenus, au premier chef l’Arabie Saoudite, dont le déficit budgétaire devrait s’établir à 100 milliards de dollars (80 milliards d’euros) en 2015. La forte croissance qui a démarré aux États-Unis, couplée à la montée du dollar, se traduiront par une meilleure compétitivité des exportations de bon nombre de pays, en particulier européens : la France, où la situation de l’emploi a toujours été préoccupante, devrait en tirer partie.
Dans sa conférence de presse du 9 avril dernier, Marwan Lahoud, Président du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) rappelait que la part des exportations du secteur concerné représentait déjà 82% du chiffre d’affaires réalisé en 2014, soit 33,1 Mde. Les récents succès à l’export du Rafale produit par Dassault Aviation, fleuron de l’industrie aéronautique de défense française vendu dernièrement à l’Égypte, à l’Inde et au Qatar, tout en confirmant les qualités de cet avion militaire multi-rôle, soldent une période de frustration qui laisse la place à un effet entrainant désormais nettement plus optimiste. D’importantes annonces sont à prévoir dans un proche avenir à la faveur du prochain salon de l’aéronautique et de l’espace qui se tiendra au mois de juin sur l’aéroport du Bourget avec la participation prévue de pas moins de 2000 exposants et prés de 300 délégations officielles.
En Asie centrale, Noursoultan Nazarbaïev a été réélu Président de la République du Kazakhstan le 26 avril dernier avec 97,7% des suffrages. Une élection qui s’est déroulée en présence d’un très grand nombre d’observateurs internationaux déployés sur tout le territoire et dans la capitale Astana. Un plébiscite incontestable pour celui qui dirige le pays depuis son indépendance en 1991 issue de l’effondrement de l’ex-Union soviétique. Nazarbaïev a su mettre en œuvre une politique de développement économique et social basée sur l’exploitation des immenses richesses naturelles de son pays, hydrocarbures, uranium, or etc. qui lui permet aujourd’hui de connaître une prospérité  et une stabilité inégalée dans un environnement régional plutôt agité. Ambitionnant de se hisser parmi les 30 pays les plus développés à l’horizon 2050, avec un taux de croissance de 4-5% attendu cette année, le succès du Kazakhstan n’est pas seulement économique. Les initiatives de sa diplomatie « multivectorielle » lui valent d’être reconnu comme un acteur responsable sur la scène internationale, encourageant le dialogue et la concertation en toutes occasions et multipliant les partenariats avec d’autres pays et régions du monde. Il est aussi candidat à un siège de membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2017-2018. Déjà puissance spatiale avec la base de lancement de Baïkonour, le Kazakhstan s’est doté d’un centre de gestion et de suivi satellitaire des plus modernes en coopération avec l’industrie européenne et soutenu par les liens de partenariat stratégique développés avec la France. Preuve de son engagement dans ce domaine, le Kazakhstan qui accueillera « l’Astana l’Expo 2017 » consacrée aux énergies du futur, entend aussi produire 50% de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables d’ici 2050.
La Chine a entamé l’année 2015 comme la première économie mondiale, avec à sa tête le président qui a acquis le plus de pouvoir depuis Mao Tsé-toung. 2015, a été déclarée l’année de « la coopération maritime » avec les pays d’Asie du Sud-est. Beijing aura paradoxalement aussi à gérer les défis que constitue la prospection dans des eaux contestées dotées de potentialités de gaz ou de pétrole. Dans le même temps, la Chine s’efforcera de faire avancer plusieurs négociations relatives au libre-échange avec la Corée du Sud, le Japon, ainsi qu’un deuxième Partenariat global (RCEP) avec les 10 membres de l’ASEAN, l’Australie, l’Inde… tout en mettant en avant d’autres critères définissant une croissance plus qualitative : mesures de protection de l’environnement, innovation scientifique, indicateurs de santé. Il restera à voir si Narendra Modi, qui a concentré beaucoup de pouvoir dans ses mains, qui ne fait face à aucune opposition crédible, du fait de la déconfiture du parti du Congrès, parviendra à remettre à flot l’économie de son pays, en allégeant les règlements, le poids d’une administration tatillonne, tout en assouplissant les restrictions sur les investissements étrangers dans les secteurs de l’assurance, de la défense et du chemin de fer. Au plan extérieur, tout en gardant des relations cordiales avec ses principaux voisins, l’Inde a concrétisé son rapprochement avec les États-Unis, tout en cherchant à ouvrir la voie d’une meilleure entente avec le Pakistan qui reste cependant encore introuvable.
Beaucoup  devrait dépendre de la politique de Barack Obama, flanqué d’un Congrès à majorité républicaine. Le premier président noir américain, qui vient de définir la doctrine Obama dans une interview accordée le 5 avril au célèbre chroniqueur  Tom Friedman du New York Times, «  nous faisons des ouvertures, mais nous préservons toutes nos capacités » aura à cœur de quitter la Maison Blanche en laissant un héritage. Il l’a déjà prouvé en ouvrant une brèche dans les rapports avec Cuba, en rétablissant le 17 décembre 2014 les relations diplomatiques avec La Havane, puis en rencontrant en tête à tête Raúl Castro lors du VIIème Sommet des Amériques qui s’est tenu les 10-11 avril à Panama, en se montrant plus volontaire sur plusieurs dossiers, Ukraine, Daech ou en matière de changement climatique. Avec l’entrée en lice d’Hillary Clinton dans la course présidentielle de 2016, les questions internationales seront vivement débattues aux États-Unis.
La France dispose de nombreux atouts, souvent soulignés par les étrangers qui font le choix d’y investir, d’y voyager, d’y étudier ou d’y vivre : infrastructures et réseaux développés, qui  la placent au cœur de l’économie européenne et mondiale ; prix compétitif de l’énergie ; personnel qualifié et productif ; sens de la créativité et du design ; offre culturelle riche et diversifiée, système de santé performant et accessible, formation universitaire de qualité. Autant de points forts qui attirent les étrangers en France. Le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international s’est pleinement engagé en mettant en œuvre une active diplomatie économique pour faire de l’attractivité du territoire une priorité de son réseau diplomatique qui doit s’adapter à chaque instant aux nouveaux enjeux mondiaux, grâce aux représentants spéciaux, aux ambassadeurs pour les régions et à son nouvel opérateur Business France. Ce dernier regroupe désormais Ubifrance et l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII). C’est en tout cas dans cette perspective que le gouvernement français, a décidé de réunir au sein d’une nouvelle Agence, six opérateurs publics actifs dans le domaine de l’assistance et de la coopération technique internationale dont France expertise internationale (FEI) ou le groupement Assistance au développement des échanges en technologies économiques et financières (ADETEF). L’Agence française de l’expertise technique internationale (AFETI), qui est entrée en fonction le 1er janvier 2015, accroîtra la qualité de l’offre française en développant les viviers d’expertise, en particulier les viviers d’experts publics, au-delà de ce qui avait pu être fait auparavant. Elle disposera aussi d’une couverture géographique étendue, en étant plus présente sur le terrain, mais aussi auprès des organisations internationales.
À ce titre, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dont la nouvelle Secrétaire générale, Michaëlle Jean a pris ses fonctions en début d’année, devrait bénéficier de la meilleure attention des pays membres et de la France en particulier. Dans l’un de ses derniers rapports intitulé « la Francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable » Jacques Attali avait clairement formulé 53 propositions qui permettraient de pleinement tirer parti de l’opportunité économique majeure que représente la Francophonie. C’est cette Francophonie économique à laquelle nous devrions consacrer beaucoup plus d’énergie afin, d’une part, d’accroître l’influence de la France à l’étranger et, d’autre part, de resserrer les liens privilégiés qui doivent nous rassembler autour de valeurs communes certes, mais aussi de projets économiques et culturels concrets. La solidarité, là comme ailleurs, devrait être le maître-mot, joignant plus systématiquement les actes à la parole.
La communauté internationale a pris conscience qu’il lui faut bâtir un avenir meilleur plutôt que de continuer à s’affronter. La 70ème Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvrira en septembre, qui sera certainement la plus importante depuis 2000, lorsque furent fixés les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) devrait lui donner l’occasion de matérialiser ces bonnes dispositions. Contrairement aux huit objectifs fixés en 2000, la liste des nouveaux objectifs est fixée à 17, portant notamment sur l’égalité des sexes, la durabilité environnementale et les inégalités de revenus, et 169 cibles. Il reste à savoir si ces objectifs disposeront d’un financement adéquat, ce qui n’est pas encore acquis, les États développés étant loin d’avoir atteint l’objectif de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement, (APD) objectif fixé par l’ONU dès 1971 !  
Le grand rendez-vous planétaire de Paris du 21 novembre au 3 décembre 2015, la COP 21, qui mobilisera en tout plusieurs dizaines de milliers de délégués gouvernementaux, de représentants des ONG, de la société civile internationale, de la presse et des média devrait couronner des décennies d’efforts déployés de tous côtés pour rendre le climat mieux maîtrisé et notre planète à l’avenir toujours vivable. Depuis 2009, lorsque les négociations menées à Copenhague en vue de l’élaboration d’un accord global sur le climat, ont échoué, beaucoup de choses ont changé. Pour la première fois depuis plus d’un million d’années, la concentration moyenne de dioxyde de carbone dans l’atmosphère en 2015 atteint le seuil de 400 parties par million. 2014 aura été l’année la plus chaude depuis que l’on procède à des relevés de températures. On a pris conscience aussi que la pollution atmosphérique est devenue la première cause de mortalité prématurée dans le monde. Les principaux pollueurs, États-Unis, Chine, sont disposés à s’engager sur des restrictions chiffrées de leurs émissions de gaz à effet de serre, de façon à limiter la hausse des températures à 2 °C. Parmi les obstacles à franchir, reste à réunir les 100 milliards de dollars abondant le Fonds vert, que réclament les pays en développement comme condition à leur signature d’un accord final. Le nouvel accord, contrairement aux traités conventionnels, dans lesquels les pays s’engagent à respecter des obligations communes,  devrait permettre aux pays signataires de fixer leurs propres objectifs en prenant l’engagement de les réexaminer à intervalles réguliers et, espérons, de les rendre plus contraignants à l’avenir. Ainsi pourra s’enclencher une dynamique de nature à rassurer les investissements mondiaux sur l’expansion du marché des biens durables.
Face au terrible séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter qui a frappé le Népal et sa population le samedi 25 avril dernier, provoquant la tragique disparition de plus de 6 000 victimes sans compter les nombreux blessés et sans abris. La Croix Rouge Française à mis en place un dispositif d’aide spécifique dont vous pouvez trouver le détail sur son site internet et adresser vos dons à : Croix-Rouge Française « Séisme Népal » 75678 Paris Cedex 14.
Cette édition de La Lettre Diplomatique se présente à vous parée d’une nouvelle maquette qui tient compte des diverses observations et remarques recueillies par notre équipe rédactionnelle et technique. Nous espérons qu’elle saura mieux répondre à vos attentes. À toutes et à tous, je souhaite une agréable lecture !

Didier VIDAL

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